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Les Jours Sans

LES JOURS SANS
Alimentation et pénurie en temps de guerre

Aux côtés des actes héroïques et faits marquants de la guerre, l’impact de la vie quotidienne durant la Seconde Guerre mondiale passe souvent au second plan. Mais comment faire vivre son foyer quand la nourriture vient à manquer?

La prochaine exposition du CHRD opère une plongée dans le quotidien des français soumis aux privations : comment se nourrir en temps de guerre ?  Elle analyse également les effets, réels et symboliques, de la privation de nourriture à l’échelle d’une société où l’on manque progressivement de tout.

Du 13 avril 2017 au 29 janvier 2018 
Lyon, ville refuge pendant la guerre, accueille une population de plus en plus nombreuse et la question du ravitaillement devient vite problématique.

Le manque endémique de nourriture est douloureusement perçu par une population urbaine qui avait acquis dans l’entre-deux guerres un niveau de vie acceptable. Les Lyonnais, comme les Français, sont alors, pour reprendre l’expression de l’historienne Dominique Veillon, totalement « submergés par les soucis quotidiens ».

Dès le début du conflit, des cartes d’alimentation sont mises en place pour répartir au mieux les denrées. Au fil des mois, la plupart des produits sont soumis aux restrictions et les ménagères, qui passent en moyenne 4 heures par jour dans les queues (en 1942), confrontées aux étals presque vides des commerçants.

Face aux pénuries de toutes natures, aux prélèvements massifs de l’occupant, à la désorganisation de l’économie, les inégalités sont nombreuses et la population diversement touchée : selon qu’on soit riche ou pauvre, qu’on ait ou non accès au marché noir, qu’on ait ou non de la famille à la campagne, etc. Pour tous les contemporains un souvenir domine cependant, qu’ils seront nombreux à transmettre à leurs descendants et qui résonnent aujourd’hui encore de multiples façons au sein des familles, celui de la faim.

Les processus de ravitaillement, la mise en place de mesures réglementaires et leur détournement, l’apparition de nouveaux aliments, le développement des sciences de la nutrition, la notion de « famine lente», le rapport au corps dans cette période d’intenses bouleversements, le rôle des femmes qui doivent faire face au quotidien, sont quelques-uns des thèmes abordés dans l’exposition.

Exposition conçue dans la lignée de Pour vous, Mesdames ! qui bénéficie de l’expertise d’un comité scientifique* réunissant des historiens et des chercheurs spécialistes du sujet :
Vincent Briand, historien, attaché de conservation au Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon / Christophe Capuano, historien / Nicole Foucher, Maître de Conférences Cinéma et Mode / Fabrice Grenard, historien / Hervé Joly, historien / Christine Levisse-Touze, directrice du musée du général Leclerc et de la Libération de Paris et du musée Jean Moulin de Paris / Florence Saint-Cyr Gherardi, responsable du Musée départemental d'Histoire de la Résistance et de la Déportation de l'Ain et du Haut-Jura / Dominique Veillon, directrice de recherche au CNRS/ Isabelle Van Bueltzinsloewen, historienne