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Descriptif

Samedi 3 décembre au CHRD
" Le sport durant la Seconde Guerre mondiale en Europe"

Dès septembre 1940, la pratique et le spectacle sportifs sont utilisés par l’occupant allemand afin de distraire les populations envahies et construire l’Europe « nouvelle ». Les politiques sportives mises en œuvre suscitent une adhésion inégale. Entre zone grise et engagements collaborationnistes ou résistants, les parcours sportifs sont multiples.
Mais le sport constitue un autre moyen de faire la guerre. Jusqu’en 1943, le maintien des championnats sportifs se veut gage de normalité en Allemagne et en Italie. Il s’insère alors dans les pratiques d’humiliation et de mise à mort du système concentrationnaire. En URSS, il prend place dans la guerre de libération patriotique, alors qu’au Royaume-Uni, les pilotes de chasse redeviennent, plus de vingt ans après la Première Guerre mondiale, de véritables champions des airs. Enfin, le sport peut être aussi, à l’image de l’armée américaine, un moyen de former et de contrôler les soldats et au moment de la Libération de soft power.


 
Programme du samedi 3 décembre au CHRD

Le sport durant la Seconde Guerre Mondiale en Europe

9h30-10h : accueil

10h : Introduction
Par Paul Dietschy, historien et professeur à l’Université de Franche-Comté

10h15 : Introduction 1e partie Le sport et la pratique sportive dans l’Europe occupée
Par Hervé Joly, directeur de recherche CNRS, UMR Triangle, Université Lyon 2

10h30 : Le sport en Belgique pendant la Seconde Guerre mondiale
Si les fédérations sportives belges ne furent pas trop inquiétées par l’administration militaire allemande, en raison notamment des liens qui unissaient, depuis 1936, le baron Baillet-Latour, président du comité olympique belge et du CIO, et le mouvement sportif nazi, elles eurent à gérer nombres de problèmes politiques, sociaux et financiers : offensives de fédérations dissidentes favorables à une partition « sportive » du pays, création d’un commissariat aux sports tenant d’un ordre nouveau ou encore rationnement alimentaire. Cependant, le nombre de pratiquants ne cessa d’augmenter au cours de la période et les activités sportives connurent un certain dynamisme.
Par Xavier Breuil, chercheur associé à l'Université de Bourgogne-Franche-Comté

11h : Les stades parisiens pendant la Seconde Guerre mondiale
De 1939 à 1945, les stades parisiens dédiés au spectacle sportif ont subi de plein fouet le second conflit mondial. Cette présentation aura l'objectif de comprendre les perturbations de la vie de ces enceintes sportives pendant la guerre (calendrier, affluences, bombardements...), les détournements de leur utilisation habituelle (camp de rassemblement de Colombes, manifestations de Vichy...) et le renouveau de la question d'un stade de 100 000 places à Paris sous Vichy.
Par Michaël Delépine, docteur en histoire, professeur et chercheur associé au laboratoire des sciences historiques de l'université de Franche-Comté

11h30 : Le sport dans les camps de prisonniers, les camps de travail et des centres de mise à mort
Partant du postulat selon lequel « tout pouvoir est physique » et qu'il y a « entre le corps et le pouvoir politique un branchement direct » (Foucault, 2003), cette étude centrée sur les pratiques corporelles des prisonniers de guerre, des requis et des déportés français déplacés de force en Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale, interroge les liens organiques existant entre corps, sport et politique. Elle permet de démontrer que les formes et enjeux des dites pratiques fluctuent en premier lieu selon le statut que les nazis confèrent à leurs prisonniers et, par effet rebond, à la place qu’ils sont censés occuper dans le Reich. Le sens que les captifs accordent aux activités physiques qui leur sont proposées et/ou imposées derrière les barbelés ne peut être saisi qu’en considérant la place qu’elles occupaient dans leur environnement culturel et politique lorsqu’ils étaient libres. Pour des hommes attaqués dans leur identité sociale, elles s’avèrent être un puissant activateur de repères, de normes et de valeurs et en cela, un bouclier  de protection face à la propagande nazie mais aussi face au processus de deshumanisation dont certains sont l’objet.
Par Doriane Gomet, maitre de conférences en histoire contemporaine, IFEPSA (Angers), rattachée au laboratoire VIPS, université de Rennes II, chercheure associée au CRHQ de Caen

12h : échange avec le public

12h30 : pause déjeuner

13h45 : Introduction 2e partie Le sport entre zone grise et engagements
Par Paul Dietschy, historien et professeur à l’Université de Franche-Comté

14h : Les pratiques sportives des chantiers de jeunesse
Le projet de régénération de la race française entrepris par le gouvernement de Vichy vise à former une jeunesse virile, saine et sportive. Ce projet se concrétise au sein des Chantiers de la Jeunesse où les jeunes français mobilisés sont soumis à une vie rudimentaire au plein air, mêlant activités corporelles, embrigadement pétainiste et travail forestier.
Par Christophe Pécout, docteur en STAPS, historien du sport, enseignant à la faculté des sciences du sport, membre de l’UREPSSS, université Lille 2

14h30 : Le sport échappatoire ou résistance ? L’exemple de Paris et de Toulouse
La communication porte, à partir d'exemples pris à Paris et à Toulouse, sur les conduites des acteurs du sport (pratiquants, dirigeants, spectateurs) confrontés à des conditions inédites : instrumentalisation du sport par l'État français au service de la Révolution nationale, emprise de l'occupant, interventions des collaborationnistes. Le maintien de l’activité sportive et la recherche du plaisir furent des motivations prépondérantes. Le cheminement de ceux qui, sous diverses formes, se sont engagés dans le refus, l'opposition et la résistance sera envisagé.
Par Bernard Prêtet, docteur en STAPS

15h : La guerre des sportifs soviétiques
L’immense effort collectif soviétique réclamé par le lancement de l’opération Barbarossa à l’aube du 22 juin 1941 touche également les champions soviétiques. Dans une société bouleversée par les invasions, les combats, les évacuations, les sièges, les formes de résistance et de collaboration, le rôle exemplaire des sportifs connaît une mutation. Les meilleurs athlètes deviennent les hérauts de la défense de la patrie et participent, à travers les figures appréciées qu’ils sont, à la mise en récit de la guerre. Cela les plonge toutefois dans une situation d’ambiguïté car si les coups d’éclat de certains sont réels, la poursuite des matchs et des tournois, leur participation au processus de mobilisation (par des meetings et des compétitions amicales) et la participation à la formation des réserves en éloignent une partie des lignes de front.
Par Sylvain Dufraisse, docteur en histoire contemporaine, CRHS, UMR SIRICE, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

15h30 : échange avec le public

16h : pause

16h15 : Introduction 3e partie Faire la guerre par le sport
Par Xavier Breuil, chercheur associé à l'Université de Bourgogne-Franche-Comté

16h30 : Le sport dans l’Allemagne nationale socialiste en guerre
Le sport dans l’Allemagne nationale socialiste en guerre est un chapitre qui très controversé dans le milieu scientifique en Allemagne. La question litigieuse est dans quelle mesure le sport fut utilisé par les nazis comme moyen de propagande. D'un côté le sport permettait en effet d'insister sur les capacités physiques de la prétendue « race aryenne », de l'autre côté il offrait au public une distraction et un divertissement apolitiques même en période de guerre.
Par Nils Havemann, chercheur à l’Institut Historique de l’université de Stuttgart

17h : Les sports dans l’armée américaine
Dans la tradition américaine, les sports jouent un rôle particulièrement important en temps de guerre. Trouvant leur place au cœur de la préparation physique des soldats, ils servent également à renforcer le moral des troupes. Mais le second conflit mondial verra les sports devenir des agents de changement, tant en France que sur le home front américain, leur conférant ainsi une dimension stratégique qui se développera jusque dans la Guerre froide.
Par François Doppler-Speranza, docteur en civilisation américaine, PRAG à la Faculté des Sciences du Sport de Strasbourg

17h30 : L’Italie sportive en guerre
Le régime fasciste a été le premier état totalitaire à lancer une politique sportive d’envergure visant à construire l’homme nouveau. Le 10 juin 1940, la déclaration de guerre à la France offre l’occasion d’éprouver cette réalisation. Bien que le Giro d’Italia ne soit plus disputé jusqu’en 1946, le sport-spectacle, notamment le football, continue jusqu’en 1943. Plus que la préparation du soldat italien, le sport doit attester de la normalité de la situation même si les footballeurs professionnels sont accusés d’être des embusqués. Le sport entre aussi dans la diplomatie de « l’ordre nouveau » européen : des contacts sont noués par les dirigeants sportifs italiens avec leurs homologues du tout nouvel État croate. À partir de l’automne 1943, les organisations résistantes commencent à réfléchir à une nouvelle organisation sportive, alors que dans les régions occupées par les Allemands et dirigés par la République de Salò, les sportifs évoluent souvent dans une sorte de zone grise, même si quelques-uns s’engagent dans les rangs des partisans. Au lendemain de la libération, l’héritage du sport fasciste est en grande partie capté par la Démocratie chrétienne et le Parti socialiste italien.
Par Paul Dietschy, historien et professeur à l’Université de Franche-Comté

18h : échange avec le public

18h : Conclusions
Par Fabien Conord, maitre de conférences à l’Université Blaise Pascal Clermont-Ferrand 2

18h30 : Clôture

Le jour 2 du colloque se déroule au Mémorial de la Shoah à Paris
Dimanche 4 décembre au Mémorial de la Shoah 
« Dominer, discriminer par le sport »

En savoir plus sur l'exposition Le sport européen à l'épreuve du nazisme

 

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L'organisateur